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Qu'est-ce que le bénévolat de compétences senior ?

Histoires de bénévolat 💬


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Amélie Arcile

28 févr. 2022 • 5 mins de lecture


Aux origines de Benevolt, il y avait la volonté d’accompagner les jeunes retraités à s’épanouir dans et par le bénévolat. Parfois, la mission choisie est en rupture totale avec la vie professionnelle. Par exemple, un ex-employé de bureau qui choisit une mission manuelle, physique, comme des activités de manutention dans des banques alimentaires. Parfois, elle est choisie en réparation. Je me souviens par exemple de cette bénévole ancienne coiffeuse, impliquée dans des actions de soutien scolaire qui exprimait sa frustration de n’avoir pu réaliser son rêve de devenir institutrice. Mais dans bien des cas, notamment pour les retraités issus des professions intellectuelles supérieures, c’est vers une activité de bénévolat en lien direct avec l’activité professionnelle antérieure que la personne se tourne.

Mettre son expérience et ses savoirs-faire professionnels au service d’une association, cela porte un nom : le bénévolat de compétences.

Pour bien comprendre de quoi il s’agit, nous avons échangé avec Etienne Hoepffner, Président de l’association Ecti sur la nature des missions de bénévolat et les profils des bénévoles.

Etienne Hoepffner, Président d'ECTI

Amélie Arcile, Co-fondatrice de Benevolt : Pouvez-vous expliquer ce qu’est le bénévolat senior de compétences ?

Etienne Hopffner, Président d'Ecti : Le Bénévolat de Compétences cadre avec le mécénat de compétences qui est un dispositif développé parles pouvoirs publics. Une entreprise, dans le cadre du mécénat de compétences, met à disposition d’associations des salariés, qui vont y apporter leurs compétences professionnelles pendant leurs heures de travail en contrepartie d’une déduction fiscale. Passerelles & Compétences, Probonolab, font le lien entre les entreprises et les associations et forment les bénévoles salariés qui vont faire du bénévolat.

Le Bénévolat de Compétences des retraités est un peu différent. On est retraité, ou en préretraite, et on consacre son temps libre au bénévolat, en utilisant les compétences développées durant sa vie professionnelle.

Chez Ecti, on dit à ces retraités: “au lieu de prendre votre retraite et de vous retirer, restez actifs autrement en vous engageant dans une association qui va vous permettre de transmettre vos compétences et votre expérience à d’autres personnes qui en ont besoin et qui n’ont pas les moyens de se payer les services des cabinets professionnels”

AA : Pouvez-vous préciser ce qu’est ECTI ?

EH : En rejoignant ECTI, vous rejoignez une association de 2000 adhérents, avec du lien social, des échanges entre pairs, et la proximité avec ce que vous avez fait professionnellement contrairement à un bénévolat caritatif. On réalise des missions auprès d’entreprises, de collectivités, d’associations, qu’on choisit en fonction de ses compétences et inclinaisons

Nos valeurs sont la confidentialité, la neutralité, le désintéressement. Nos missions sont de courte durée et ne substituent pas au secteur marchand

AA : Il y a plusieurs associations de seniors qui font des missions de bénévolat senior de compétences en France. Pourquoi rejoindre ECTI ? Qu’est-ce qui les différencie ?

EH: Il y a effectivement 4 grandes associations de bénévolat de compétences seniors en France : Egée, Agirabcd, Oteci et Ecti.

Nous avons créé une coordination des associations de bénévolat de compétences seniors car nous portons les mêmes valeurs, nous avons des visions communes et nous mettons des moyens en commun. Par exemple nous allons sur des salons ensemble, nous avons remporté ensemble un appel à projet de l’état “1 jeune 1 mentor” sur le mentorat des apprentis.

Nos différences portent sur les origines professionnelles de nos bénévoles. Ecti est la plus ancienne des 4 associations. Elle aura 50 ans en 2024. Il y a un équilibre dans les différentes missions : entreprise / social-insertion / collectivité / enseignement.Nous sommes présents à l’International. On a également des missions assez ciblées comme dans le numérique et on est pratiquement les seuls à avoir des missions dans les prisons.

On est implantés partout, dans tous les départements et on insiste sur l’utilité d’Ecti dans la cohésion des territoires pour réduire la fracture entre les grandes villes et les petites villes.

Les profils de nos bénévoles vont être des anciens cadres supérieurs, des anciens patrons de PME, des anciens artisans, des professions libérales

AA : Et vous, qu'est-ce qui vous a amené chez Ecti ? Pourquoi vous êtes-vous attaché à cette asso ?

EH : Je suis chez Ecti depuis 2007. J'ai arrêté ma vie active salariée avant ma retraite pour me lancer dans l’entreprenariat. Ça n’a pas trop bien marché. Je n’avais plus envie d’être salarié, je voulais mettre mon expérience au service des autres. On m’a parlé d’Ecti. J’ai accroché avec ce projet associatif, avec l’ambiance, les gens que je rencontrais, qui avaient de très fortes compétences, de différents profils, donc des échanges intellectuels très intéressants.

J’ai été pris au jeu par le côté associatif plus que par les missions, et je suis resté dans l’association.

AA : Chez Benevolt, on développe le concept de “culture bénévole” qui prend racine dans le pourquoi un bénévole est attiré et reste dans une association. L’histoire et les valeurs de l’association, les missions proposées entrent bien sûr en jeu mais on pense que l’attachement des personnes à une association ne peut s’y résumer. Comment définiriez-vous la culture bénévole chez Ecti ?

EH : Aujourd’hui, le bénévolat devient de plus en plus un bénévolat “post-it”, on vient pour une mission, c’est tout, sans adhérer à une association. Chez Ecti on essaye d’inculquer un sentiment d’appartenance, même si c’est compliqué. Au début d’Ecti, les missions se faisaient à l’étranger, il n’y avait donc pas vraiment de lien entre les bénévoles. Avec le développement des missions en France, l’important a été de changer le discours. On parle “d'adhérer à une association”, pas d’être consommateur. On veut que les bénévoles fassent partie de l’association. Il y a parfois une dichotomie entre les consommateurs de missions et ceux qui s’investissent dans l’association pour la faire vivre et se développer.

Concrètement, on a réécrit notre Projet Associatif pour insister sur nos valeurs communes , notre raison d’être, on fait des formations internes, on se dote d’une plateforme collaborative qui facilite les interactions, les échanges.

Pour ce qui est des profils de bénévoles avec lesquels ça marche, on partage des valeurs d’écoute, de bienveillance, de dynamisme, on veut transmettre notre passion. Les bénévoles d’Ecti sont des gens de terrain, des anciens patrons de PME, anciens cadres, artisans, qui connaissent les problématiques locales. On se sent proches des bénéficiaires, dans des villes de taille moyenne. On partage la vision du travail bien fait. Chez Eci, on choisit le nombre et le type de missions sur lesquelles s’engager, mais on va jusqu’au bout. Nous sommes motivés, enthousiastes, empathiques.Nous voulons être utiles.

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